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Déclaration Unsa-Education CHSCTA du 7 mai 2020

Article publié le jeudi 7 mai 2020
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Réouverture des écoles et des établissements : … Si c’est possible… où c’est possible … quand c’est possible !

Cette réouverture, décidée par le président de la république, contre l’avis du comité scientifique, n’a qu’un but : permettre aux parents d’aller travailler. C’est bien l’argument économique qui prévaut devant toute considération sociale ou éducative. Ne laissons pas croire aux parents et à l’opinion publique que l’école va reprendre. Il ne s’agira, au mieux, que d’une « garderie pédagogique » qui ne concernera qu’une partie des élèves.

Ce ne sera pas vraiment « l’école ». En effet le quotidien sera immanquablement rythmé par l’application continuelle des règles et par la négation même de ce qu’est l’école. Pas de contacts, pas de manipulations, pas d’ateliers, pas de jeux, pas d’échanges interclasses, pas de (réelle) récréations, pas de sport, pas de sorties, pas d’intervenant...Rien de partagé, d’échangé, de spontané, de collectif ! Bref, pas ou peu de plaisir, essentiellement de la contrainte, de la frustration, du stress aussi.

Alors oui l’école va rouvrir, les équipes vont être inventives et trouver des solutions, mais ce ne sera pas l’école ! Les élèves ne pourront pas tous être accueillis tous les jours. Ainsi pour permettre aux personnels de s’organiser, d’organiser la garde de leur enfant comme tous les autres professionnels, face à l’urgence la souplesse doit être de rigueur.

Pour autant nous pouvons entendre cet argument économique mais cela ne devra pas se faire au détriment de la santé des personnels et des élèves.

Pour L’Unsa-Education, la date annoncée du 12 mai ne pourra pas être la règle partout et pour tous. Cette réouverture ne pourra avoir lieu que si les conditions sanitaires, et le respect du protocole sanitaire le permettent. On peut donc penser que les écoles ne réouvriront pas partout le 12, pour tous les niveaux d’élèves, pour toutes les classes, avec tous les enseignants …

Le Premier Ministre, après avoir défini un cadre national, laisse la main aux acteurs locaux au plus près du terrain. Cet objectif louable, fait peser une très grosse responsabilité sur l’ensemble des acteurs de terrain que sont les directrices et directeurs, les enseignants, les chefs d’établissement, les collectivités. Il devra y avoir des assurances sur l’application de ces plans locaux. C’est bien aux acteurs de terrain de décider du nombre d’enfants accueillis, des mesures à prendre pour respecter le protocole sanitaire, de l’organisation de l’école (récréations, restauration, toilettes, nettoyage des locaux …). Pour l’Unsa-Education c’est une condition incontournable pour la reprise du travail.

La décision de réouverture sera une décision collégiale prise par l’école en concertation avec la mairie. Nous vous le redisons madame la rectrice, il serait utile que les conseils d’école soient informés. Les conseil d’administration des EPLE devront eux obligatoirement se réunir afin que le protocole de retour en classe soit présenté à l’ensemble des représentants de la communauté éducative. 

Pour autant les inquiétudes sont nombreuses. Nous vous demandons de communiquer au plus vite sur les personnels à risque (y compris leur conjoint, descendants …) sur la garde des enfants. On le sait tous les parents n’auront pas de solution de garde (accueil restreint en crèche, chez les assistantes maternelles …). Des précisions sur ces points répondront à nombre d’inquiétude. Dans les périodes difficiles il n’y a jamais trop de communication mais cette communication se doit d’être institutionnelle, les journaux, chaines d’information en continu et réseaux sociaux ne devant pas remplacer les vecteurs de communication institutionnels.

Beaucoup d’inquiétude aussi pour les AESH, AED et CPE.

Pour terminer l’Unsa-Education souhaite rendre un hommage appuyé aux personnels de l’Education nationale. Ils sont encore mobilisés pour accueillir les élèves ou pour contribuer à leur accueil. Il faut souligner la grande mobilisation des administratifs, que ce soit en télétravail ou en présentiel, qui ont montré un engagement exemplaire pour assurer la continuité de
fonctionnement de notre institution. Souvent inventifs, car notre institution a
obligé au déplacement physique de ces derniers pour assurer la continuité
administrative minimum, ils ont répondu présents sans opposer de conditions d’exercice. Votre témoignage de reconnaissance pour cet engagement est espéré mais nous espérons aussi que vous vous ferez porte-parole du besoin d’évolution de nos outils pour permettre en 2020 un pilotage distanciel des fonctions essentielles.

Il faut par ailleurs souligner l’engagement des équipes de direction au sens large et surtout des directeurs et directrices d’école. Beaucoup ne ménagent pas leur peine et ont passé une partie des vacances à travailler avec les municipalités et les enseignants pour trouver des solutions, inventer, formaliser, décider.

Nous vous alertons sur leur situation. Certains sont au bord de l’épuisement. De plus cette situation va s’étendre à l’ensemble des enseignants. Vous avez, a juste titre, décidé que les enseignants ne devront pas faire de l’enseignement en présentiel et à distance. C’est une sage décision, mais, qui peut croire que les enseignants vont laisser de côté la moitié de leurs élèves. Alors ils feront classe et s’occuperons de ceux qui ne sont pas présents. C’est inévitable. C’est comme si on demandait à un médecin de ne pas soigner ses malades.

Bref, nous sommes inquiets pour nos collègues. L’Education nationale est une grosse machine qui va, cahin-caha, reprendre son rythme doucement progressivement. Mais cela ne sera pas sans dommages collatéraux.

 

Les représentants de
l’Unsa-Education au CHSCTA



 
 
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